En 1926, José Carlos Mariategui
fonde le journal Amauta (personne de grande sagesse en quechua) pour offrir un forum d'expression au socialisme, à l'art et à la culture du Pérou et de toute l'Amérique latine.
Cette vidéo, filmée verticalement, lance une nouvelle conception du
vidéo-clip. Avec les plateformes libre-d’accès comme Dailymotion ou Youtube, plus de raisons de respecter le Pastor Aeternus des « télécrans ».
Aujourd’hui, le spectateur est-il si différent de ce chat qui, élevé dans un
environnement fait uniquement de lignes horizontales, est incapable ensuite d’appréhender la verticalité ? Oublions un moment ce conformisme, cette propagande et cette stabilité de la vision
en paysage, produit d’un long asservissement de l’œil, d’un « dressage » de l'humanité, et qui nourrit
jour après jour notre système de pensée, notre manière de voir, concevoiret percevoir d’autres mondes.
Ici, celui qui regarde devra faire un effort, tourner son écran, laissant
son traditionnalisme au vestiaire, afin d’accéder à un autre point de vue, un autre monde. Si on regarde un homme ivre couché sur le trottoir, en penchant la tête sur le coté, on le verra
finalement debout. Petit pas de plus vers la réconciliation de l’esprit de l’homme blanc et l’esprit du coyote, comme le montre la première image du vidéo-clip où le jeune vendeur cusquenien
tourne le dessin du Machu-Picchu rendant visible, dans le relief montagneux, le profil de l’Inca, l’âme païenne de cette culture ancestrale.
Si résister c’est créer, alors tournez votre écran.
Vidéo-clip pilote
Histoire du vidéo-clip pilote
Pour ce premier vidéo-clip nous nous sommes concentrés sur la ville de Cusco
(Pérou). Tout en voulant montrer, la spiritualité, la beauté et les esprits des lieux, nous avons souhaité souligner les effets pervers d’une société du spectacle cynique, avide de nouveaux
eldorados commerciaux, en train de bouleverser l’identité et la culture quechua tout en imposant l’universalité d’une vision unique. Sommes-nous encore dans le « moment où le maître, le
colonisateur proclament "il n’y a jamais eu de peuple ici", » ?
Quelques exemples
:
-L’implantation d’un Starbucks-coffee à la place d’une enseigne
traditionnelle : L’Ayllu installé depuis 37ans en plein cœur de la cité inca. Dans le Pérou ancien, « l’ayllu » signifie « famille, communauté, société ». Ce
vieux café est un endroit où des artistes locaux, et les natifs de Cusco se réunissent autour de plats et de boissons traditionnelles aux prix abordables, le cœur de la ville étant devenu au fil
des ans de plus en plus cher et cannibalisé par de grands capitaux occidentaux … Rappelons qu’il y a quelques siècles, Coricancha (le Temple du Soleil), fut rasé et pillé : l’or
volé et les momies des anciens Incas profanées… et ceci par une poignée de conquistadors. Comme l’histoire semble se répéter… l’église, loin de toute éthique, propriétaire des murs, veut et va
louer au plus offrant. L’entreprise Starbucks, en grand stratège « orwellien », utilise la même tactique qu’elle a employée à Chicago et Toronto. Comme le souligne Naomi
Klein dans son livre No Logo « la stratégie immobilière de Starbucks consistait à surveiller un café indépendant populaire, dans un emplacement cool et bien fréquenté, tout
simplement pour s’approprier son bail ». Si à Toronto et à Pékin, la protestation de la collectivité ou du gouvernement et une mobilisation populaire ont su faire reculer la multinationale
du café-express, les choses sont différentes à Cusco.
-La marque aux deux arches dorées, autre chaine de restauration rapide,
internationalement répandue, est installée depuis plusieurs mois à quelques pas de l’Ayllu, faisant le plus grand bonheur de touristes aliénés, amnésiques de Bartolomé de Las Casas, qui
parcourent des milliers de km en quelques heures pour finalements’assoir devant le restant d'une
portion de frites, comme à la maison... Chaque touriste qui y entre, participe à rendre le cœur de
Cusco, de plus en plus semblable à une quelconque capitale occidentale dénuée d’âme, envahie de pubs,comme un légo, mais sansmémoire... Une partie de la jeunesse locale, acculturée, est également sous le charme d’un marketing savant qui sait
séduire par son concept, ses figurines en plastique tirés de dessins animés hollywoodiens et la promotion d’une certaine « way of life » consensuelle.
-La culture de la feuille de coca, culture multimillénaire est chargée d’une
forte valeur symbolique pour le peuple andin : Evo Morales, président de la Bolivie a -déclaré devant l’OMS en 2006 que la feuille de coca : « … représente la culture andine, c’est
une feuille de coca qui représente l’environnement et l’espoir de nos peuples » «Il n’est pas possible que la feuille de coca soit légale pour le Coca-Cola et que la feuille de coca soit
illégale pour d’autres consommations médicinales dans notre pays et dans le monde entier ». L’occident, à travers de grandes organisations bien pensantes s’est fait fort de lutter contre la
culture de la coca. En effet, le 5 mars 2007, l’OICS (émanation de l’OMS) publie un rapport dans lequel il déplore que la pratique de la mastication de la feuille de coca soit toujours en
vigueur en Bolivie et au Pérou. Il exhorte le gouvernement bolivien à adopter sans délai des mesures pour abolir l’usage de la feuille de coca, y compris la pratique de la mastication. A
l’inverse,
Monsieur le législateur, Monsieur le législateur de cette loi, serions-nous prêts de notre coté à
accepter de la part d’une organisation totalitaire, que la culture du raisin viticole soit prohibée du jour au lendemain ?
-De la même manière, on peut constater sur place l’omniprésence d’une compagnie de soda, championne mondiale toute catégorie du marketing. Et que dire encore de l’implantation en plein centre de
grandes chaines hôtelières, bien discrètes mais durablement présentes. Comment ne pas faire le parallèle avec le temple de Saqsaywaman démantelé pierre par pierre au XVIème siècle afin de
construire la cathédrale de Cusco ?
-....
S’ils réalisaient le danger de cette lente transmutation, comment les
cusqueniens réagiraient-ils ? Il y a 500 ans, des conquistadors ont imposé leur religion, leur culture, leur monde au peuple dans la violence qu’on sait, en détruisant une autre façon de
vivre, de voir et de sentir. Aujourd’hui, ce ne sont plus des pays mais des entreprises puissantes, expansionnistes qui imposent leurs produits et changent, acculturent, bouleversent la mentalité
de la cité inca « à travers des manipulations économiques ». Jacques Grinevald pense d’ailleurs que « Si la diversité des espèces est absolument nécessaire au fonctionnement de la
biosphère, il se pourrait bien que la diversité culturelle soit également vitale pour la survie de l’espèce humaine ».
:
Blog de Samuel BASTOS et Nans MOLLARET destiné à présenter le vidéo-clip "lève-toi" et à expliciter les règles du défi vidéaste lancé aux internautes du monde entier à travers cette vidéo.
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